Mardi 7 avril à 18h30 au Grand auditorium du Carré d’Art
Le courant de l’Arte Povera correspond en Italie à un moment très fécond d’émulation intellectuelle et de révolution plastique. La revendication politico-culturelle de la période historique de la fin des années 1960 se transmue dans la sphère des arts visuels en une opposition ferme à un art qualifié de sophistiqué, décrivant l’hégémonie américaine d’alors. Cet engagement dans des pratiques artistiques très composites, prônant le dépouillement, est présent dans un cercle défini en 1967 par le critique d’art Germano Celant, composé de douze membres : Giovanni Anselmo, Alighiero Boetti, Pier Paolo Calzolari, Piero Gilardi, Luciano Fabro, Jannis Kounellis, Marisa Merz, Mario Merz, Giulio Paolini, Michelangelo Pistoletto, Emilio Prini, Gilberto Zorio.
La fonction critique du povérisme passe par l’usage transgressif de gestes élémentaires, de matériaux bruts, périssables ou éphémères, dont s’intègrent le végétal et l’animal. L’art pauvre va aussi progressivement s’étendre au concept d’action pauvre, et les artistes exploreront les potentiels de la performance pour une réappropriation et un partage des espaces. En traversant la grande variété des histoires individuelles et en croisant les histoires collectives, nous verrons comment ce mouvementitalien se constitue en véritable vecteur de renouvellement artistique, de liberté expressive et d’émancipation dans la production contemporaine.
Barbara Satre est directrice de l’École supérieure d’art d’Aix-en Provence. Historienne de l’art contemporain, elle codirige le laboratoire de recherche Locus Sonus Vitae à l’ESAAix avec Peter Sinclair. Spécialiste des questions de théâtre image et de relations entre les arts, elle est l’autrice d’une thèse intitulée L’Arte Povera et les arts de la scène : les expériences théâtrales de Jannis Kounellis, Giulio Paolini, Michelangelo Pistoletto et Mario Ceroli. En parallèle de l’écriture de nombreux articles sur l’art contemporain italien, elle publie régulièrement des textes monographiques sur des artistes actuels. Par ailleurs, Barbara Satre a co-dirigé pendant huit ans avec Béatrice Le Tirilly, la galerie Béa-Ba à Marseille.

Photographie : LUCIANO FABRO
Le Drapeau ivre, 1991
Laiton, tissu, câble électrique, peinture, 260 x 180 x 50 cm
Collection Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes